Quelles solutions pour renforcer la dynamique des associations environnementales ?

Cette année, la journée des associations environnementales de la DREAL Provence-Alpes-Côte d’Azur a réuni près de 60 participants autour du thème « Quelles solutions pour renforcer la dynamique des associations environnementales : financement, démocratie participative, ancrage territorial ». L’événement, co-organisé en partenariat avec les têtes de réseaux associatifs (GRAINE, France Nature Environnement, Educ’Alpes, ECO-Lab Environnement, CORAC, InPACT PACA et URCPIE) s’est tenu à Marseille le 27 novembre 2025.

En introduction, Frédérique Chazé, directrice Régionale adjointe de la DREAL, a exposé les objectifs de la rencontre : réaffirmer le partenariat entre l’État et les associations, explorer les leviers de la transition écologique et valoriser l’expertise associative. Elle a rappelé l’importance de la Planification écologique Région Sud / DREAL et des partenariats pour amplifier l’impact des associations.
Le délégué régional à la vie associative de la DRAJES (Délégation régionale académique à la Jeunesse, à l’Engagement et aux Sports) a abondé en rappelant que les associations environnementales jouent un rôle clé dans la transition écologique, mais qu’elles font face à des défis croissants. Des défis soulignés par le rapport du CESE (Conseil économique social et environnemental) et Le Mouvement associatif par la mobilisation « Ça ne tient plus ! » du 11 octobre dernier :
Santé financière fragile : Selon l’Observatoire de la vie associative, un tiers des associations ont une trésorerie inférieure à trois mois et 69 % n’ont aucun fonds propre.
Baisse des subventions : 45 % des associations voient leurs subventions diminuer, dont 20 % en forte baisse, ce qui les contraint à réduire leurs activités ou à augmenter leurs tarifs.
Complexité administrative : Les associations passent un temps considérable à rechercher des financements, souvent sans garantie de succès.


Pour Yannick Gallien, président du Mouvement associatif Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et vice-président du CESER (Conseil économique social et environnemental régional), les associations ne demandent pas des subventions par facilité, mais pour répondre à des besoins sociaux que les pouvoirs publics ne couvrent pas.
Patrick Gianfaldoni, Maître de Conférences en Sciences Économiques d’Avignon Université, Chercheur au JPEG – Laboratoire des sciences Juridiques, Politiques, Économiques et de Gestion, a évoqué les formes innovantes de coopération territoriale, comme les « social joint-ventures », où les compétences sont mutualisées pour créer un environnement de confiance.


Julie Boulet, du Commissariat général au développement durable du Ministère de la Transition Écologique, a présenté les outils disponibles, comme la plateforme Jagis.beta.gouv.fr, et encouragé les associations à s’appuyer sur les COP régionales : la Planification écologique et les conférences territoriales de l’eau.


La journée s’est articulée autour de trois ateliers visant à identifier des leviers pour renforcer l’action associative :

Diversification des ressources financières

Animé par Natacha Sire (ECO-Lab’ Environnement) et Annabel Walker (GRAINE), cet atelier a exploré des pistes comme :

Les consortiums d’associations pour mutualiser les moyens.
Le mécénat de compétence pour bénéficier de l’expertise d’entreprises.
Les financements pluriannuels pour une meilleure visibilité.
En qualité de grand témoin, Yannick Gallien a rappelé que les associations ne doivent pas avoir honte de se constituer des fonds propres. Selon lui, la non-lucrativité ne signifie pas qu’on ne peut pas investir dans l’avenir.

Voici la carte mentale réalisée par le GRAINE à partir du rapport du CESE et des travaux du Mouvement Associatif ayant servi de base aux discussions :

Participation citoyenne et ancrage territorial

Animé par Nathalie Chaudon (FNE) et Benoît Mayaux (URCPIE), aux côtés de Michel Jacod (FNE Alpes de Haute Provence) comme grand témoin, cet atelier a mis l’accent sur :
L’organisation d’espaces de concertation pour impliquer les citoyens.
La co-conception de schémas de participation pour clarifier les rôles de chacun.

Renforcement des synergies entre acteurs

Animé par Clément Garnier (Paniers Marseillais), Isabelle Roux (Educ’Alpes) et Hélène Baillet (CORAC), avec l’éclairage de Yassine Chaïb (DRAJES), cet atelier a souligné :
L’importance des temps partagés sur le terrain pour mieux se connaître.
La simplification des démarches administratives pour gagner en efficacité.

La journée s’est conclue sur plusieurs pistes principales :
Pérenniser les financements (subventions pluriannuelles, augmentation du FDVA).
Reconnaître le rôle social des associations et leur utilité publique.
Simplifier les démarches pour libérer du temps aux acteurs de terrain.
Yannick Gallien a lancé : « Les associations sont en pointe sur l’innovation sociale. Ne tombons pas dans le piège de ceux qui nous disent de nous réinventer sans nous donner les moyens. »

Une journée pour lancer des pistes

Cette journée a permis de mettre en lumière les défis mais aussi les solutions concrètes pour renforcer la dynamique associative. Les participants sont repartis avec des pistes d’action, une meilleure visibilité des outils disponibles, et une volonté renforcée de travailler ensemble.

Voir les diaporamas des intervenants

La journée a été croquée par Juliette Vaudron, facilitatrice graphique et ex-chargée de projet en Changement de comportement au GRAINE :